C’est une question que beaucoup de mes patients me posent. Nous allons donc expliquer ici ce qu’est la kinésithérapie, ses différences avec l’ostéopathie et leurs complémentarités !
Tout d’abord, l’ostéopathie et la kinésithérapie sont toutes les deux des thérapies manuelles mais ce sont bien deux disciplines à part entières. Elles ont chacune des champs de compétences bien définis et sont toutes les deux aussi efficaces dans leurs domaines respectifs. Elles sont d’ailleurs complémentaires dans certaines prises en charge, notamment des troubles musculo-squelettiques.

Kinésithérapie : objectifs, champs d’action et techniques
Classiquement, la kinésithérapie a pour but de rééduquer une structure anatomique ou une zone spécifique du corps suite à une pathologie ou un traumatisme et sur prescription médicale.
Le kinésithérapeute prend en charge des patients de tous âges pour des motifs de consultation très variées. Son champ d’action s’étend sur :
- Le système cardio-respiratoire/cardio-vasculaire. Par exemple : réhabilitation cardiaque ou respiratoire, réentrainement à l’effort, réathlétisation ou drainage (respiratoire ou lymphatique).
- Le système musculo-squelettique. Rééducation d’une structure anatomique ou d’une zone du corps qui a été traumatisée (après un accident, une opération, une chute, des mouvements répétitifs délétères, …).
- Le système neurologique. Travail sur les conséquences physiques par exemple d’un parkinson, d’une sclérose en plaques ou d’un AVC.
- Le système uro-génital. Avec les rééducations périnéales en post partum mais également dans le cadre de prolapsus ou d’incontinences urinaires (d’effort, hyperactivité vésicale ou après une opération de la prostate chez l’homme).
- Le système vestibulaire. Pour la prise en charge de certains types de vertige (notamment le vertige paroxystique positionnel bénin).
Après une démarque diagnostique et un bilan kinésithérapique, le praticien utilisera principalement des techniques de massages, de mobilisations actives et passives, d’électrothérapie et des exercices de rééducation fonctionnelle par le mouvement.
Son travail de rééducation implique généralement de multiples séances plus ou moins étendues dans le temps en fonction des pathologies.

Les différences avec l’ostéopathie
L’ostéopathie a pour but de traiter et/ou de prévenir des pathologies fonctionnelles (avec leurs douleurs, leurs pertes de mobilité, etc.). C’est une profession de première intention qui ne nécessite pas de prescription médicale au préalable.
Pour ces pathologies, son champ d’action s’étend à l’ensemble du corps. En effet, l’approche globale de l’ostéopathie prend en compte les interactions entre les différents systèmes corporels (par exemple les interactions entre les systèmes viscéraux et le système musculo-squelettique). Pour avoir plus de précision, lire : Qu’est-ce que l’ostéopathie? et/ou Quand consulter un ostéopathe?
L’ostéopathe, après une démarche diagnostique, utilisera des techniques de manipulations ou mobilisations articulaires, musculaires, de manœuvres viscérales, et de mobilisations tissulaires et crânio-faciales.
Sa démarche thérapeutique implique que les séances seront plus ponctuelles (possible régularité mais généralement espacées dans le temps).

Différence et complémentarité
En résumé, il faut donc garder à l’esprit que le kinésithérapeute met en place principalement :
- un protocole de rééducation sur une zone spécifique du corps,
- suite à une pathologie ou un traumatisme bien précis et sur prescription médicale,
- avec de multiples séances.
Là où l’ostéopathe met en place :
- un traitement curatif et/ou préventif sur l’ensemble du corps,
- pour des troubles fonctionnels (douleurs et pertes de mobilité) et après une démarche diagnostique,
- avec des séances plus ponctuelles.
Il y a souvent confusion entre l’ostéopathie et la kinésithérapie du fait de leur prise en charge commune du système musculo-squelettiques. Pour les patients, les bénéfices de leur complémentarité se feront principalement sur :
–les troubles musculo-squelettiques aigus. Par exemple après un traumatisme, une entorse ou lors d’une tendinopathie.
–les troubles musculo-squelettiques chroniques. Par exemple des douleurs dorsales ou cervicales chroniques, des lumbagos à répétition, des tendinopathies ou douleurs articulaires chroniques.
Ces deux disciplines ont également en commun un attachement à la prévention et à l’éducation thérapeutique du patient : comprendre sa pathologie, ses potentielles origines, ses mécanismes, etc.